On estime en France à près de 15 000 employés qui exercent dans les services de communication des collectivités territoriales et qu’on appelle communément « journalistes territoriaux » ou « communicants ». Ils sont essentiellement recrutés parmi les contractuels même si la titularisation est, depuis quelques années, en forte augmentation. Dans le passé, ces personnels étaient souvent des militants ou des attachés au cabinet qui se chargeaient de rédiger des bulletins municipaux qui ressemblaient le plus souvent à des tracts politiques touffus et mal conçus. Certains élus ont vite compris que le message qu’ils souhaitaient transmettre aux habitants « électeurs » a plus de chance de passer s’il était fait par des professionnels de « l’information » ou de « la communication » rôdés aux techniques rédactionnelles. Les lois de décentralisation de 1982 donné plus de compétence aux collectivités locales et, du coup, ont favorisé les études sur la communication territoriale. Ce n’est, d’ailleurs, pas par hasard que des diplômes supérieurs axés sur l’information ou la communication locale (Bac+5) sont apparus depuis ces réformes. . Le bulletin municipal d’antan que d’aucuns appelaient la « voix du maire » a laissé progressivement place au « magazine municipal » plus agréable à lire et surtout plus ouvert à l’expression citoyenne. Le mouvement est devenu irréversible : le journalisme territorial est en marche.
Mais les frontières entre ces deux concepts (communication et information) restent encore floues et le débat sur ce sujet n’est pas encore tranché.
Pour certains, les journalistes territoriaux sont des fonctionnaires chargés de la communication et leur le rôle se limite uniquement à « valoriser » la politique de la collectivité et par conséquent l’appellation « communicants » ou « communicateurs » est celle qui leur sied le mieux. La notion de gratuité de la publication est aussi un argument brandi par ces « adversaires » pour leur dénier la qualité de journalistes professionnels. Idem pour la Commission de la carte d’identité qui continue à se réfugier derrière l’article L 761-2 du Code du Travail pour leur refuser l’octroi de ce fameux sésame qui permet de faire partie du cercle de Sa Majesté le quatrième pouvoir.
Les journalistes territoriaux dans leur majorité se considèrent, quant à eux, comme des professionnels de l’information à part entière. Pour eux, la notion de gratuité n’a aucun sens, car de toute façon une publication municipale n’est jamais gratuite. Elle est payée d’avance par le contribuable. Et c’est justement au nom de ce contribuable « électeur » qu’ils considèrent que leur rôle est aussi d’informer les citoyens qui attendent davantage sur la gestion de leur cité.
Je considère personnellement que le journaliste territorial est à mi-chemin entre l’information et la communication. Sa position d’employé de la collectivité exige, certes, de lui un dévouement total, mais sa marge de manoeuvre reste tout de même importante. A lui donc de savoir s’affranchir de la communication strictement « officielle » pour trouver d’autres idées et d’autres sujets, mettre en place de nouvelles rubriques et de nouvelles formes de collaboration avec les services, les élus et les citoyens. Bref, se perfectionner sans cesse. Cette exigence de professionnalisation est rendue plus que jamais nécessaire avec l’arrivée des nouvelles technologies et le développement des services aux citoyens.
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