Le conseil municipal du 27 novembre 2007 a adopté une délibération autorisant le maire à engager un projet de ville nouvelle dénommé ZAC (zone d’aménagement concerté) de la porte Saint-Germain dans le Val-Notre-Dame. Un collectif d’habitants s’est mis en place pour faire face à ce projet et dénonce le manque de concertation.
« Seules deux réunions ont été consacrées à ce projet de la ville nouvelle le 19 juin et le 1er octobre 2007. Ces deux rencontres ont simplement consisté à informer les habitants mis devant le fait accompli », affirme très en colère Ludovic Delaplace, un des animateurs du collectif Saint-Germain, et de préciser que « ce projet de ZAC prévoit la démolition totale de plusieurs centaines d’habitations, d’immeubles et de commerces dans le périmètre situé à l’angle des rues Jean-Moulin et Duguay jusqu’au site actuel de Dassault en passant par les rues Henri Barbusse, Michel Carré, Ary Scheffer jusqu’aux berges de Seine ». Un propriétaire d’un immeuble situé dans ce périmètre de la ZAC craint, pour sa part, que « la ville applique une procédure RHI (Résorption Habitat Insalubre) qui est de nature à faire baisser le prix des biens ».
Rappel des dates et faits importants
Une réunion publique a été organisée par la mairie d’Argenteuil le 29 juin 2006 à l’espace Nelson Mandela suivie d’une exposition du 15 juin au 15 septembre de la même année à l’hôtel de ville et à la maison de quartier du Val-Notre-Dame pour présenter le projet ZAC de la porte Saint-Germain. Le témoignage d’un habitant qui réside dans ce périmètre en dit long sur la manière dont a été menée la concertation. « Très peu de gens du quartier étaient au courant et les quelques habitants qui se sont déplacés à la réunion du 29 juin 2006 ont assisté à la présentation d’un projet déjà ficelé et adopté. Sur le cahier de doléances, il n’y avait que 10 personnes qui se sont exprimées. Le même scénario s’est renouvelé une année après avec la réunion du 19 juin 2007 pour présenter une nouvelle mouture du projet légèrement modifié. Là aussi, il n’y avait pas beaucoup de monde. La mairie appelle cela concertation ». Une autre réunion a eu lieu le 1er octobre 2007 toujours à l’espace Mandela. « Cette fois-ci, il y avait beaucoup de monde (environ 300 personnes NDLR), mais la réunion était superficielle et la discussion tournait dans tous les sens; ce qui n’a pas permis aux habitants de prendre connaissance de la réalité des projets et des graves conséquences pour leur cadre de vie. D’ailleurs l’écrasante majorité des personnes présentes ont refusé le projet dans sa totalité. Deux ou trois personnes seulement étaient favorables au lancement du projet », raconte une autre habitante de la rue Duguay, présente à cette réunion.
A quoi servent les réunions ?
Les témoignages recueillis parmi les habitants de ce périmètre de ZAC Saint-Germain s’accordent tous à dire que la concertation a été insuffisante pour ne pas dire absente. Et pourtant, le 26 novembre denier, le projet de la ZAC Saint-Germain a été voté au conseil municipal en dépit de l’opposition de l’écrasante majorité des habitants présents à la réunion du 1er octobre. L’on se demande parfois à quoi servent les réunions ? « Avec ce projet, c’est tout un quartier entier qui va disparaître : les propriétaires vont être expropriés sur la base d’une utilité publique, les immeubles et les pavillons vont être rasés au sol pour laisser la place à de nouvelles constructions et de nouveaux habitants. Les indemnisations d’expropriation sont fixées sur une base décidée par le service des domaines », explique un commerçant, très inquiet. Le collectif ZAC Saint-Germain compte poursuivre son combat et exige de la mairie de surseoir à la démolition totale de tout le périmètre concerné par la ZAC, de réhabiliter dans le respect du patrimoine historique et des intérêts des habitants, de faire des évaluations réalisées par des experts indépendants, de respecter l’environnement et la qualité de vie des habitants, de donner des informations transparentes sur les projets et leurs conséquences et de respecter les intérêts économiques des habitants. Un tract de ce collectif appelle clairement à voter contre la ville nouvelle lors des élections municipales des 9 et 16 mars 2008. A suivre…
Ci-dessous le tract diffusé par le collectif. Réagissez en ajoutant un commentaire en haut de cette page !