C’est sous haute surveillance policière que le premier ministre, François Fillon, a inauguré, ce lundi 11 février, le nouveau commissariat de police d’Argenteuil situé non loin de la gare centrale et du centre commercial Côté-Seine.
La venue à Argenteuil de François Fillon est perçue comme une opération électoraliste en faveur Georges Mothron, maire sortant UMP et candidat à sa propre réélection aux prochaines municipales des 9 et 16 mars. Celui-ci a, d’ailleurs, accompagné le premier ministre lors de l’inauguration de ce commissariat. Mais les deux hommes de l’UMP ont cependant évité de se rendre dans le quartier du Val-d'Argent là où Nicolas Sarkozy avait fustigé les jeunes, en octobre 2005, en les traitant de "racaille". Ce déplacement de Fillon sur le thème de la sécurité, si cher au gouvernement Sarkozy, intervient deux semaines après celui effectué dans la ville voisine de Colombes. Le premier ministre ira demain mardi à Evreux (Eure) pour rencontrer la gendarmerie.
La multiplication de déplacements sur la sécurité est destinée à remettre ce sujet porteur pour la droite dans l'actualité au moment où le gouvernement est menacé par un vote sanction lors des municipales des 9 et 16 mars, du fait de l'impopularité croissante de Nicolas Sarkozy dans les sondages.
Candidat sur la liste socialiste à Argenteuil, le secrétaire national du PS à l'Egalité, Faouzi Lamdaoui, a dénoncé « un déplacement électoraliste en faveur de Georges Mothron ». "Surtout, cette visite ne fait pas oublier les propos de Nicolas Sarkozy qui, lors de la présentation du plan Banlieue, a déclaré qu'il assumait ses propos sur le karcher", écrit-il dans un communiqué.
Philippe Doucet, tête de liste de l'Union de la gauche aux prochaines municipale et conseiller général du Val- d'Oise, a regretté, pour sa part, que seuls les élus de la majorité municipale aient été invité à cette inauguration. Il a dénoncé « la récupération et la privatisation à des fins électorales de cet événement et a demandé que les coûts de cette opération électoraliste soient réintégrées dans le compte de campagne de Georges Mothron ».
Des militants de gauche ont, par ailleurs, tenté d’organiser une manifestation pour protester contre cette visite qu’ils considéraient comme purement électoraliste et "payée par les contribuables". Mais leur tentative est restée vaine. Ils ont été tenus à distance par un important dispositif de CRS. « On se croirait dans une république bananière. Nous n'avons même pas le droit de manifester, ça promet bien », lance, en colère, un militant.
Rappelons que ce nouveau commissriat est d'une superficie d’environ 4200 m2. Il coûtera près de 900 000 euros € de loyer annuel à l’Etat qui a signé un bail de dix-huit ans avec la préfecture du Val-d’Oise et une société spécialisée dans le financement de locaux en crédit-bail immobilier.
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