Contrairement à ce qui s’est passé à Argenteuil où le bureau national du PS a suivi le choix démocratique de la base qui a désigné Philippe Doucet, à Montreuil, François Hollande est revenu sur la volonté de la base qui avait voté en faveur d'une alliance avec la sénatrice écologiste. En reconduisant l'alliance avec Jean-Pierre Brard, la stratégie de la rue Solferino n’a finalement pas porté. Pire encore, elle a profondément divisé les socialistes et laissé de graves séquelles.
Le 28 novembre dernier, une majorité écrasante de militants socialistes a décidé de privilégier une stratégie d'alliance avec Dominique Voynet et les Verts plutôt qu'avec le maire sortant et le PCF.
Après plusieurs semaines d’hésitation, la direction nationale a pris, en janvier dernier, une décision contraire au vote des militants socialistes de Montreuil.
« Le choix de François Hollande et de son secrétaire national aux élections, Bruno Leroux, a été effectué sans égards pour la majorité des socialistes locaux peu enclins à soutenir Jean-Pierre Brard ", avait réagi, alors sur son blog, Manuel Martinez, conseiller général de Montreuil, qui était l’un des premiers socialistes de la ville, avec Mouna Viprey, à rejoindre Dominique Voynet. Cette dernière était candidate aux dernières législatives face à Jean-Pierre Brard. D'autres socialistes étaient restés, au contraire, fidèles au dirigeant apparenté communiste.
L’alliance choisie par François Hollande avec le parti communiste n’a finalement pas marché. Les électeurs ont décidé autrement en mettant dehors Jean-Pierre Brard.
Après 24 ans de règne sans partage sur Montreuil, Jean-Pierre Brard (apparenté PCF) vient, en effet, de subir une cuisante défaite au second tour des municipales. L'ancienne ministre Dominique Voynet, sénatrice (Verts) de Seine-Saint-Denis, a réussi, dimanche 16 mars, la performance de détrôner celui que d’aucuns appelaient « le Ceausescu de Montreuil » et qui dirigeait d'une main ferme durant quatre mandats successifs la première ville de Seine-Saint-Denis (la 4ème d’Ile-de-France après Paris, Billancourt et Argenteuil).
« C'est une nouvelle page de l'histoire pour notre ville », a déclaré Dominique Voynet, le soir du second tour. Elle a promis d’être « au service de la population sans exclusif et sans distinction ». Pendant sa campagne, Dominique Voynet n’a cessé de dénoncer les pratiques « autocratiques, agressives et clientélistes du maire sortant », qui se présentait pour un cinquième et dernier mandat.
Avec 54,19% des suffrages (plus de 5.700 voix d'avance, alors qu'elle en comptait 1.871 de retard au premier tour, 32,47% pour elle, 39,42% pour Jean-Pierre Brard), la sénatrice a visiblement réussi à rassembler tous les détracteurs du maire sortant, de l'extrême gauche à la droite. Au premier tour, la liste LCR avait rassemblé 6,29% des voix.
Jean-Pierre a déclaré « prendre acte du vote », estimant que s'ouvrait désormais « une nouvelle période pour Montreuil » et a choisi d’être « dans l'opposition », avant de s'éclipser la mine grise et terrassée par la défaite.
Dominique Voynet sera élue à l'occasion du prochain conseil municipal samedi prochain.
Montreuil : Jean-Pierre Brard perd son fief, la stratégie du PS national a échoué.
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