Dans un communiqué, le CSM tchadien, qui fait des recommandations au président Idriss Déby sur les questions de droit, a annoncé s'être réuni vendredi pour étudier la demande de grâce des membres de l'association. "Après un débat franc et riche, le CSM a donné un avis favorable", indique simplement le texte.
Normalement, le CSM est présidé par le chef de l'Etat, mais la réunion de vendredi était dirigée par son deuxième vice-président, le ministre de la justice Albert Pahimi Padacké, a précisé une source judiciaire. Le Conseil va donc maintenant transmettre son avis au président Déby, à qui revient la décision finale. Selon un proche conseiller du président joint par l'AFP, ce ne serait plus "qu'une formalité". "Le président va signer l'acte pour la grâce incessamment, peut-être ce week-end ou lundi", a-t-il affirmé.
Les six Français ont été condamnés le 26 décembre à huit ans de travaux forcés par la justice tchadienne pour "tentative d'enlèvement" de cent trois enfants africains. Autorisés à purger leur peine en France en vertu d'un accord de coopération, les membres de L'Arche de Zoé ont été rapatriés fin décembre. Leur peine a été convertie en droit français à huit ans de prison. Ils sont écroués à la prison de Fresnes, près de Paris.
Reste à savoir ce qu'il adviendra du volet financier de leur peine : en décembre, les membres de L'Arche de Zoé avaient également été condamnés à verser aux familles tchadiennes 4,12 milliards de francs CFA (6,3 millions d'euros), des sommes qui n'ont pas encore été payées. Le 6 mars, tout en envisageant de leur accorder sa grâce dans un délai d'un mois, le président Déby avait expliqué qu'il fallait auparavant une "solution" à la question financière.