L’utilisation, en août 2007, d’un produit répulsif appelé Malodore par le maire d'Argenteuil pour éloigner les SDF (sans domicile fixe) du centre-ville n’a pas eu l’effet recherché par la municipalité. Une affaire qui stigmatise la ville dont l’image est déjà bien ternie. Voir vidéoTout le monde le sait. Georges Mothron, maire UMP d’Argenteuil, n’a cessé depuis sa victoire en 2001 de proclamer à cor et à cri sa volonté de changer l’image « négative » de la ville héritée par ce qu’il appelait la « gestion catastrophique pendant plus de 65 ans par les socialo-communistes ». L’intention de changement avouée aurait pu être acceptée et même saluée par les Argenteuillais, de droite comme de gauche, irrités par les propos négatifs écrits ou prononcés quotidiennement sur leur ville par les médias, dont certains -il faut le dire- sont avides du sensationnel. Les mots durs comme (racaille, karcher, tournante et j’en passe…) résonnent injustement dans leurs oreilles et beaucoup d’Argenteuillais souhaitaient que l’on cesse de déverser autant de calomnies et de stéréotypes sur une ville qui vit plutôt « normalement » au quotidien comme les autres villes de la même strate en Ile-de-France, ni plus ni moins. Cependant, cette affaire a eu tout à fait l’inverse de ce qu’elle visait pour un maire qui a toujours voulu faire du thème de la « sécurité » son cheval de bataille. L’image d’Argenteuil n’a fait que dégringoler d’un palier et les réactions d'indignation se sont multipliées y compris au sein du camp UMP. La ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin, a déclaré que « le principe même de l'utilisation de produits de ce type constitue une atteinte à la dignité de la personne humaine parfaitement inacceptable ».
Pour atténuer la polémique suscitée par cette affaire, le maire UMP d’Argenteuil a fait marche arrière en déclarant à la presse que le produit a été envisagé mais n’a pas été utilisé. La direction du centre commercial "Côté Seine" a, quant à elle, reconnu que le produit, qui lui avait été donné "par la mairie", a été bien diffusé au niveau des sorties de secours de la galerie marchande, où campaient 4 ou 5 malheureux SDF. Déjà en 2005, la préfecture du Val-d'Oise avait annulé un arrêté anti-mendicité pris par le maire qui évoquait une "gêne olfactive anormale" liée à la présence des SDF. Le 6 août dernier, la mairie a pris un nouvel arrêté interdisant la mendicité dans le centre d'Argenteuil pendant l'été jusqu'en 2012. Cet arrêté fait l'objet d'une requête en annulation déposé à la préfecture par les Verts.